La bataille de l’aéroport d’Antonov (Hostomel)

Les russes ce 24 février 2022 vont tenter l’assaut du siècle.

Ils envoient plus de 300 de leurs meilleurs commandos – les 11eme et 31eme brigade de la guarde – troupes aéroportées « VDV » prendre le contrôle de l’aéroport de Hostomel (prononcer Gostomel)

Ces unités commandos doivent sécuriser l’aéroport pour permettre à plus de 18 transports de troupes et de matériel de débarquer une brigade blindée complète aux portes de Kyiv.

S’ils réussissent, la guerre peut se terminer en quelques jours après avoir commencé.

C’est un coup de poker ahurissant : 300 unités d’élites sont balancés à 50km derrière les lignes ennemies au plus proche de leur capitale pour permettre de laisser atterrir environ 5’000 hommes et des véhicules blindées…ces mêmes hommes devront attendre à priori la première grande colonne qui a commencé à progresser depuis le nord de Tchernobyl . Ils seront le fer de lance de l’attaque sur Kyiv.

Quelques minutes avant qu’ils ne prennent l’air à bord de leurs Mi-24 , des centaines de missiles s’abattent partout en Ukraine sur les aéroports, les centres de commandements….des dizaines de Ka-52 – hélicoptères d’attaque au sol – foncent vers Hostomel avec quelques Su-25.

La première vague explose les défenses ukrainiennes, les unités d’élite anéantissent les éléments de la défense territoriale complètement « ko » par l’attaque tandis que les SU-25 ou autre Ka-52 *massacrent* les unités Ukrainiennes sur place.

Les 18 Iliouchine qui doivent débarquer la brigade blindée décolle. L’opération qui prend tous le monde par surprise commence bien.

Les troupes russes pénétrent par 4 ou 5 points en Ukraine, les forces ukrainiennes qui se préparent depuis 8 ans à cette confrontation ne perdent pas leur calme et s’organisent comme prévues…

Tout d’abord décollant de pistes construites sous les arbres dans certaines forêts, des MIG-29 ukrainiens arrivent sur Hostomel et font un carnage parmi les hélicoptères d’appui, c’est la première surprise de la guerre….les centaines de missiles censés clouer au sol l’aviation Ukrainienne laissent une dizaine d’appareil autour de Kyiv opérer. Ils le feront encore plusieurs jours de site….le fameux « Ghost de Kyiv » en est le symbole.

Et les russes n’accompagnent pas leurs hélicos ou autre SU-25 de MIG en CAP au dessus capables d’assurer la supériorité aérienne : les manquements de l’armée de l’air russe apparaissent dès le début.

Les troupes ukrainiennes qui parviennent à se replier se maintiennent en dehors de l’aéroport et commencent aussi à user de leurs missiles anti-Air et font des dégâts sur les Ka-52 à basse altitude.

Les Ukrainiens avaient prévu ce type d’opération – sans savoir forcement où elles arriveraient – et des brigades de réaction rapide d’élite sont constituées partout sur le territoire.

Ces unités doivent être les *pompiers* du front.

La 4éme brigade de réaction rapide est postée pas très loin de Hostomel ce qu’apparemment les renseignements russes ne savaient pas…aucune attaque préventive contre ces campements..rien..

Cette unité est opérationnelle à 100% et elle va être une des premières unités ukrainiennes à combattre directement des forces d’élite russes.

La légion Georgienne est aussi mobilisée d’urgence ainsi que des unités de défense territoriale.

Une unité d’élite ukrainienne commandée par le Lt. Anatoliy Kharchenko est aussi appelée pour une mission très spéciale , nous en parlons plus bas.

Ces unités se mettent en mouvement et reçoivent l’ordre de reprendre à n’importe quel prix l’aéroport.

Le Lt. Anatoliy Kharchenko, des commandos de l’air ukrainien, reçoit lui, l’ordre de positionner avec ses hommes (un petit groupe de 48 combattants) de manière « intelligente » pour pouvoir descendre les II-76 en approche …..C’est une mission suicide au demeurant car ces 48 combattants doivent se placer au plus près de la piste d’atterrissage et doivent empêcher les atterrissages par tous les moyens alors même que les combats sont intenses tout autour du site.

“Nous savions ce qui était en jeu » — Lt. Kharchenko.

Les 48 commandos de l’air sont déposés par des hélicoptères opérant en ras motte sur un coin de l’aéroport le plus loin possible des troupes russes.

A peine débarqué de l’hélicoptère un feu nourri les prend par surprise venant de petites positions russes non décelées auparavant.

Le feu est rendu, le Lieutenant Kharchenko est blessé à la jambe, la petite troupe parvient quand même à se retirer et à prendre des positions défensives pas très loin de la piste d’atterrissage. Les russes sont bien là mais trop peu nombreux pour forcer l’avantage.

Les forces d’élite ukrainiennes sont positionnées par contre avec de multiples anti-air portatifs et assez de visibilité pour tirer sur n’importe quel transport approchant. Ce petit groupe se permettra de couper une partir de la retraite des para-russes en plus de sa première mission.

Plus loin, la force de réaction rapide arrive avec des blindés , de l’artillerie (mortiers), et des hommes en nombre…les 300 paras russes sont vite à se battre à 1 contre 4, faiblement supportés car ne disposant d’aucun moyen lourd de riposte. Les Ka-52 et Su-25 passent bien mais les combats sont maintenant trop intriqués pour permettre des appuis feu efficaces.

Les para russes voyant l’issue de la bataille difficile se « replient » quand la nuit tombe en partant à travers les bois en petite formation, ils rejoindront la force russe arrivant par le nord des jours plus tard.

Beaucoup d’entre eux seront tués mais pas tous contrairement à ce qui a été dit…l’aéroport sera dailleurs repris par les forces russes dans les jours qui suivront.

La 331 eme brigade de la garde VDV russe sera presque détruite mais parvient quand même à se regrouper pour monter vers le nord sans que les ukrainiens ne les poursuivent.

En parallèle , les II-76 censés venir déposer la brigade blindée font demi-tour, on a dit qu’1 ou 2 avaient été abattu mais aucune confirmation.

Cette opération aurait pu réussir.

L’attaque a surpris à priori mais la brigade de réaction rapide ukrainienne était bien trop près de l’aéroport pour donner aux russes les quelques heures qui leur manquaient.

La brigade blindée atterrissant, ils auraient eu tous le loisir de perturber les forces ukrainiennes dans la défense de la capitale…ces derniers auraient ramenés des forces pour empêcher un raid sur la capitale ce qui aurait changé aussi la physionomie de la lutte tout autour de Kyiv durant ces premiers jours si cruciaux.

Une faute du renseignement militaire russe qui n’a pas sur voir la brigade de réaction rapide ainsi que l’absence de supériorité aérienne sont des erreurs qui ont couté la victoire aux russes ces 2 jours.

Et ce fut au passage la preuve que les Ukrainiens pouvaient bien repousser les meilleurs troupes russes augurant au final la résistance que nous voyons maintenant depuis des mois.

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