(31 mars 2022 ) : La situation militaire ukrainienne est toujours fragile

Si on regarde la carte il y a 9 jours et maintenant (gauche – 22 mars, droite 31 mars ) , nous constatons que l’armée russe continue de progresser à l’est même si elle semble arrêter au Nord-Est (Kharkiv) et au Nord (Kyiv)

Les russes semblent défendre sur tous le front sauf à l’est.

A l’est, une manœuvre de tenaille est en cours : nous voyons clairement « un renforcement » se former près des républiques autonomes de l’est avec un encerclement possible si des groupes russes arrivent à descendre vers les sud à partir du nord de Sloviansk et à monter vers le nord à partir de Velyka Novosika

L’ attaque du Nord russe doit immobiliser un nombre conséquent de forces ukrainiennes comme la menace biélorusse doit aussi immobiliser des troupes de bonne qualité à l’ouest.

Ces 2 pressions au Nord ont comme conséquence que l’armée ukrainienne ne doit pas avoir beaucoup de réserves pour rafraîchir le front le plus agressé qui est à l’est (de Kharkiv à Kherson en arc de cercle).

Encore une fois La région de Kramatorsk / Sloviansk risque de revenir un point chaud vital pour l’armée ukrainienne.

Comme je le disais dans mon précédent post :

J’ai tendance à penser que la seconde phase russe est une phase d’épuisement des troupes les plus aguerries de l’armée ukrainienne : les russes vont les entraîner dans des combats importants au fil des semaines pour monter l’attrition au maximum parmi elles et ainsi « les clouer ».

L’élimination de la poche de Mariupol terminée, les troupes de marine russes ainsi que leurs alliés vont pouvoir remonter vers le Nord pour couper l’arrière des troupes engagées sur le Donbass.

Ce mouvement va inciter les ukrainiens à lancer des contre-offensives coûteuses sur les flancs de cet encerclement.

L’aviation russe pourra alors jouer son rôle avec l’artillerie pour contenir ses contre-attaque.

Cette stratégie vise à épuiser l’armée ukrainienne qui est partie en infériorité numérique depuis le début. Nous ne connaissons pas ses pertes réelles mais elles sont certainement moins fortes que les russes qui étaient l’offensive.

Ces pertes vont monter relativement vite au fur et à mesure de la pression russe sur le Donbass car les ukrainiens devront attaquer plus massivement pour arrêter cette tenaille.

Même si mes convictions pro-ukrainiennes sont fortes, je me méfie beaucoup de la propagande de guerre classique qui vise à faire passer l’ennemi pour un idiot profond sous-armé et sous-alimenté.

Si on regarde strictement les cartes, un plan russe « se développe bien ».

Ce plan est payé très cher mais les russes ont toujours supporté des pertes terribles sans que cela ne change quoique ce soit à leurs objectifs (Tchétchénie, Finlande, WWII) …tant que la population soutient, ils resteront accroché à leurs objectifs.

La grande difficulté de l’Etat Major Ukrainien va être d’ordonner un repli tactique en abandonnant de facto les 2 républiques du Donbass entièrement pour le moment.

En terme de communication cela va être très compliqué à gérer et je pense qu’ils vont s’efforcer de tenir « dans la tenaille » ….

Cette option est très risquée car sans couverture aérienne , au plus proche de l’artillerie russe, le risque d’une défaite importante à l’est pourrait ouvrir une autoroute vers Dnipro et Zaporoje…et si les Russes atteignent le DNIPR ils s’arrêteront pour négocier en position de force.

Encore une fois, nous laissons les Ukrainiens dans une position extrêmement difficile en retardant une intervention militaire directe.

Espérons juste que la désorganisation apparente de l’armée russe lui fera commettre des erreurs graves qui seront exploitées par les ukrainiens, ce qui est loin d’être impossible.

Selon https://twitter.com/JominiW/status/1497670934244872199/photo/1

Voici les possibles buts de guerre #Russes.

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